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Assouplissement des mesures sanitaires : Goodfood perd des clients


Marché Goodfood génère moins de ventes qu’au plus fort de la pandémie tandis que ses revenus, en baisse de 27 % au plus récent trimestre, déçoivent les investisseurs.


Le spécialiste de mets prêts à cuisiner a perdu des clients actifs au deuxième trimestre clos le 5 mars, par rapport à la même période l’an dernier. La société montréalaise a indiqué qu’elle comptait 249 000 clients actifs au cours de cette période, une diminution de 3 % par rapport aux 254 000 clients actifs du même trimestre en 2021.


Le chef de la direction, Jonathan Ferrari, a souligné la progression de son nouveau service d’épicerie en ligne sur demande au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, jeudi. Le nombre de clients actifs sur demande a augmenté, passant de 13 000 à 27 000 en trois mois.


Il a ajouté que près de 80 % des clients qui ont fait une commande d’épicerie en ligne en novembre avaient également passé au moins une commande en février. « Ça démontre le côté addictif de notre service », estime le chef de la direction.


La stratégie de percer le marché de l’épicerie en ligne est la bonne, croit Frédéric Tremblay, de Desjardins Marché des capitaux.


La livraison à la demande augmente les chances de Goodfood d’obtenir du succès dans le marché canadien de l’épicerie de 140 milliards.

Frédéric Tremblay


Le nombre d’abonnés à ce service n’est toutefois pas assez élevé pour satisfaire l’appétit de l’analyste Martin Landry, de Stifel GMP. « La croissance dans l’épicerie sur demande n’est pas suffisante pour compenser la baisse des revenus dans les mets préparés », réagit-il dans une note.


Les revenus de l’épicerie en ligne atteignent 8,5 millions au cours du trimestre, comparativement à 5,25 millions, souligne l’analyste financier. L’entreprise a maintenant six microcentres de distribution situés dans trois villes : Montréal, Ottawa et Toronto, soit deux fois plus que lors du dévoilement des derniers résultats. « La progression des revenus de l’épicerie en ligne est plus faible que prévu, compte tenu de ces ouvertures », croit M. Landry.


Il souligne que le revenu moyen par utilisateur, à 248 $, a diminué de 22 % par rapport à l’an dernier. Il s’agit du troisième trimestre de diminution consécutif. La baisse de la demande et l’utilisation accrue des offres promotionnelles expliquent en partie ce recul, selon lui. « Nous croyons que l’augmentation de la concurrence représente un élément clé de ce déclin », ajoute l’analyste.


En conférence téléphonique, M. Ferrari assure que Goodfood se démarque toujours de ses concurrents. « Nous nous concentrons sur deux piliers pour nous différencier : nos produits exclusifs, qui génèrent un grand enthousiasme chez nos clients, et notre capacité de faire des livraisons à l’intérieur d’une fenêtre de 30 minutes. »


Résultats du deuxième trimestre


Pour le deuxième trimestre, Goodfood a dévoilé des revenus de 73,4 millions, une diminution de 27 % par rapport aux 100,7 millions de la même période l’an dernier.


L’entreprise, dont la stratégie est de financer à perte sa croissance dans l’espoir d’une rentabilité future, a creusé sa perte nette à 20,6 millions, comparativement à 4,3 millions au cours de la période comparable. La perte par action, pour sa part, a atteint 28 cents, comparativement à 6 cents.


Avant la publication des résultats, les analystes interrogés anticipaient des revenus de 82,8 millions et une perte par action de 21 cents, selon les données de la firme Refinitiv.


Donnée importante pour une entreprise qui n’est pas encore rentable, les sorties de flux de trésorerie ont diminué à 13,7 millions, comparativement à 18,9 millions lors du premier trimestre. La direction a indiqué qu’elle était parvenue à réduire ses coûts fixes et à réaliser des gains d’efficacité, qui lui ont permis d’« annuler les pressions inflationnistes ».


La société a également annoncé un changement à son conseil d’administration. Hamnett Hill quitte le conseil pour prendre un congé sabbatique prolongé. Il demeure actionnaire de l’entreprise. John Khabbaz, fondateur de Phoenician Capital, une société new-yorkaise d’investissement, lui succède.


Par : Stéphane Rolland (14/04/2022)

Source : La Presse Canadienne via lapresse.ca

Photo : Hugo-Sébastien Aubert | La Presse (tirée de l'article de lapresse.ca)

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