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Bien manger coûte 427 $ de plus par année


La hausse du prix des aliments a évidemment poussé vers des sommets le prix d’un panier d’épicerie nutritif. Depuis un an, il faut débourser 427 $ de plus par année pour manger sainement à Montréal.


1,17 $ de plus


Depuis plus de 70 ans, le Dispensaire diététique de Montréal détermine le prix du panier d’épicerie nutritif. Personne ne sera surpris d’apprendre que bien se nourrir coûte maintenant plus cher à Montréal : il faut débourser 1,17 $ de plus par personne, par jour. Facture totale quotidienne : 8,90 $.


Pour les familles à faibles revenus, l’alimentation peut maintenant représenter 40 % du budget global, voire parfois plus, indique Julie Paquette, directrice générale du Dispensaire de Montréal, qui précise qu’il n’y a aucun produit transformé dans leur panier type.


« Il faut donc avoir besoin de compétences culinaires », précise-t-elle. Plus que jamais.


Le panier est évalué avec un scénario où l’on cuisine la plupart de ses repas, à partir d’ingrédients frais, et exclut des cas où il y a des besoins en alimentation particuliers, comme celui d’une femme enceinte, notamment. Celle-ci doit plutôt débourser 9,25 $ par jour pour des denrées satisfaisant ses besoins nutritionnels, estime le Dispensaire.


Panier typique


Si on calcule pour une année, une famille montréalaise de quatre personnes devrait dépenser pratiquement 13 000 $ à l’épicerie, pour le panier de base. Un bond de 15 % d’octobre 2021 à juillet 2022.


« Ce n’est pas surprenant et ça concorde avec que l’on entend des banques alimentaires qui n’arrivent plus à répondre à la demande », dit François Fournier, chercheur à l’Observatoire québécois des inégalités, qui participe à une discussion sur le sujet, ce mercredi 12 octobre, jour du dévoilement du Rapport sur le coût du panier à provisions nutritif et économique 2021-2022.


« C’est un bond très important et ça fait encore plus mal aux ménages moins bien nantis », note aussi le chercheur.


Insécurité alimentaire


Car François Fournier précise qu’il n’y a pas que le prix des aliments qui a augmenté : la part du budget consacrée au loyer a aussi grossi ces derniers mois, ce qui rend encore plus complexes les choix à l’épicerie, surtout lorsqu’on arrive mal à joindre les deux bouts.


Résultat : « Il y a eu un déplacement entre les gens qui étaient en situation d’insécurité alimentaire légère vers une situation modérée ou grave », dit François Fournier.


Concrètement, cela veut dire que des gens qui avaient des incertitudes quant à la possibilité de bien se nourrir doivent vivre désormais avec une réduction de la qualité ou de la quantité des aliments qu’ils consomment. Ou les deux.


« Les gens ont faim », dit François Fournier.


L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a calculé entre mars 2020 et mars 2022 une hausse de 10 % à 15 % du niveau d’insécurité alimentaire modérée ou grave au Québec.


La fin du baloney…


Pour arriver à satisfaire ses besoins nutritionnels, le Dispensaire a déterminé 11 catégories d’aliments, dont des légumes, des fruits, des protéines de sources animales et végétales.


L’équipe du Dispensaire est allée sur le terrain, dans les épiceries, pour vraiment observer les fluctuations des prix et la disponibilité des produits. Ils ont conclu que les aliments de 7 des 11 catégories à l’étude ont augmenté de plus de 10 %.


Ils ont aussi voulu dresser un portrait qui reflète notre réalité dans la cuisine, où la plupart des gens ne préparent pas toujours tout à partir de chacun des ingrédients bruts. On retrouve donc des mélanges de légumes surgelés, de la compote de pommes en conserve et du gruau.


On a par contre enlevé des aliments moins populaires en 2022, comme le foie ou les fèves au lard, ainsi que le saucisson de Bologne et les tranches de fromage fondu orange emballées individuellement, apanage de l’enfance de plusieurs, mais dont les valeurs nutritives sont moins exemplaires que des produits de mêmes catégories.


Les fruits, très chers


Vous allez alors vous rabattre vers le bon plat de pâtes, une valeur sûre ? L’inflation a frappé là aussi, puisque leur prix a doublé.


Si vous décidez de cuisiner davantage pour absorber les coûts, vous devrez aussi vous casser la tête devant certains ingrédients de base. Le prix de la farine blanche a augmenté de 225 % durant la période observée.


Le prix des fruits – frais, en conserve ou surgelés – a augmenté de 41 % entre octobre 2021 et juillet 2022, ce qui fait que les fruits et les légumes représentent plus du tiers de la note d’épicerie saine.


Derrière ces chiffres, il y a beaucoup de hausses et de baisses dans le même créneau, note le Rapport, qui cite de nombreux exemples, dont les fruits et légumes frais qui sont moins chers en saison pour ceux qui poussent ici.


Par : Stéphanie Bérubé (11/10/2022)

Source : lapresse.ca

Photo : Martin Chamberland | Archives La Presse (tirée du présent article)

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