Des changements souhaités par des éleveurs affaiblis


L'année 2021 a été marquée au fer rouge pour les éleveurs de porcs du Québec, qui subissent encore les contrecoups de la pandémie, des bouleversements mondiaux sur le marché d'exportation du porc et de la grève de huit mois des employés de l'usine Olymel de Vallée-Jonction.


Cette succession d'événements les a laissés avec 12,7 M$ de moins dans les poches au terme de la dernière année, alors qu'ils auraient pu terminer avec un surplus de 1 M$ si ce n'avait été de ces éléments sans précédent. Et cette pression financière se poursuit en 2022, avec la balance des frais liés à la grève chez Olymel que les éleveurs continuent de devoir assumer, en plus de ceux liés au détournement de porcs vers les États-Unis pour pallier la baisse d'achats de 530 000 porcs par année de leur principal acheteur Olymel.


Réunis en assemblée générale annuelle à Québec les 9 et 10 juin, les éleveurs ont donc adopté une série de résolutions pointant toutes vers un objectif commun: revoir les programmes en place et réadapter les outils et les règles dont ils disposent pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. Par exemple, ils souhaitent que le programme d'assurance stabilisation des revenus (ASRA) soit adapté pour mieux correspondre à leur réalité sur le terrain, notamment au regard du modèle de ferme-type qui est utilisé pour calculer les montants assurés. Cette demande a d'ailleurs été bien accueillie par le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, venu rencontrer les éleveurs le 9 juin. Par contre, ce dernier s'est montré moins ouvert à d'autres requêtes, dont la mise en place d'un programme d'aide ponctuelle pour les aider à traverser la crise, et d'un autre pour soutenir financièrement la transition des éleveurs de porcs qui devront ou désireront quitter la production de manière permanente ou temporaire.


D'autres résolutions ont également été adoptées pour que les Éleveurs de porcs du Québec trouvent, avec les acheteurs, notamment dans le cadre des négociations pour la nouvelle Convention de mise en marché, un mécanisme de gestion de la production plus efficace dans l'avenir.


Par : Patricia Blackburn (15/06/2022)

Source : La Terre de chez nous

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