Des cochons sauvages présents pour la première fois dans un parc national canadien


L’une des espèces envahissantes les plus destructrices du continent a été découverte pour la première fois dans le parc national Elk Island.


Les cochons sauvages, qui détruisent les habitats et mangent presque de tout, sont maintenant présents dans le parc national situé à environ 40 km à l’est d’Edmonton, confirme Parcs Canada.


Les observations et vidéos fournies par des propriétaires fonciers confirment qu’il y a au moins une femelle avec des porcelets dans la région qui entre périodiquement dans le parc, a indiqué la porte-parole de Parcs Canada, Janelle Verbruggen, qui ajoute qu’on soupçonne la présence d’une deuxième femelle avec des petits.


Des cochons sauvages ont été amenés en Saskatchewan et en Alberta dans les années 1990 pour aider les fermes à se diversifier. Hybride de porcs domestiques et de sangliers européens, certains se sont échappés. Leur aire de répartition s’étend maintenant sur près de 800 000 km2 dans les Prairies.


Le nombre de rapports reçus augmente chaque année. Personne ne peut dire s’il y en a des centaines ou des milliers, explique Perry Abramenko qui dirige le programme du gouvernement de l’Alberta qui s’occupe d’éliminer l’animal qui peut peser plus de 150 kg.


Ils se vautrent dans les zones humides et les détruisent. Ils contaminent l’eau avec de la boue et des agents pathogènes. Ils détruisent les récoltes. Ils représentent un danger pour la sécurité publique et ils peuvent transmettre des maladies aux humains, aux animaux domestiques, au bétail et à la faune, souligne Ryan Brook, du projet de recherche sur les cochons sauvages de l’Université de la Saskatchewan.


Une étude américaine suggère que les cochons sauvages causent près de deux milliards de dollars de dommages annuellement. Une autre révèle que les ruisseaux près desquels des cochons sauvages se sont établis contiennent 40 fois plus de bactéries E. coli que les ruisseaux où il n’y en a pas.


Difficile à éliminer


Perry Abramenko explique que les cochons sauvages représentent un vrai défi à capturer, car ils sont très méfiants.


Il est important d’attraper tout le groupe. Tout animal qui s’échappe devient plus difficile à piéger, précise-t-il en ajoutant que la chasse n’est pas la solution, car l’activité les fait fuir vers de nouvelles zones.


Ils se dispersent et deviennent très méfiants envers les humains et tous les efforts de piégeage sont diminués, dit-il.


Et bien qu’Elk Island, un petit parc de 194 km2 de forêt boréale et de zones humides, soit le seul en ce moment à avoir des cochons sauvages, Perry Abramenko pense que d’autres suivront.


Selon lui, le prochain sera probablement le parc national de Prince Albert en Saskatchewan. S’il n’y en a pas déjà, il y en aura très bientôt, prévient-il.


Avec les informations de Bob Weber


Source : ici.radio-canada.ca (ICI Alberta) (11/10/2021)


Photo : Ed Van Duijn (unsplash.com)