Des poules urbaines au service de l’éducation


La popularité croissante des poules urbaines est à l’origine d’un nouveau projet au Cégep de Sherbrooke qui permettra aux futurs techniciens agricoles de se familiariser avec l’aviculture.


Stéphane Adam, enseignant en gestion et technologies d’entreprise agricole, a eu l’idée de mettre ce projet sur les rails pour faire d’une pierre deux coups : rendre service aux citadins qui ne peuvent pas garder leurs poules pendant l’hiver, et permettre à ses élèves de découvrir le monde avicole. « Nous avons déjà une ferme bovine qui leur permet d’apprendre les techniques d’élevage, mais de plus en plus, mes élèves sont ouverts à d’autres types de productions. Les poules, c’était plus accessible pour nous que l’élevage porcin ou ovin. Je me suis aussi dit qu’avec la popularité grandissante des poules urbaines, on pourrait proposer aux propriétaires citadins d’héberger leurs poules à partir du mois d’octobre jusqu’à mai, alors que les élèves sont en classe. »


Les locataires à plumes seront ainsi prises en charge par un employé étudiant qui s’assurera de les nourrir et de leur fournir les soins de base, alors que les groupes du programme de production animale pourront venir y faire leur tour pour apprendre les rudiments de l’élevage de poules pondeuses. « L’idée est de les initier à cette production pour leur donner des compétences complémentaires, alors qu’ils pourront par exemple évaluer le rythme de ponte des poules, leur alimentation et leur santé, ou tester de nouvelles technologies en ventilation », énumère celui qui souhaite mieux adapter ses cours aux besoins de ses groupes.


Le volet gestion sera aussi mis de l’avant, avec le calcul des coûts de moulée et autres composantes de l’élevage. « Les poules pondeuses sont d’ailleurs un modèle viable qui peut être facilement ajouté à une autre production pour assurer un petit revenu supplémentaire », fait-il remarquer. Il signale à ce propos que les élèves du programme en production maraîchère, qui ont souvent l’idée de démarrer leur propre entreprise après leur formation, semblent d’ailleurs plus excités par ce projet que les élèves inscrits en production animale. « Nous réfléchissons actuellement à une façon de pouvoir les faire participer, peut-être avec des activités parascolaires », révèle M. Adam.


Projet multidisciplinaire


Les élèves d’autres disciplines seront également mis à contribution dans ce projet qui se veut multidisciplinaire, en commençant par ceux qui suivent le cours d’entretien en bâtiment, qui commenceront dès les prochaines semaines à monter la charpente du poulailler mobile. « On espère qu’ils auront terminé pour qu’on puisse démarrer le projet en septembre 2022. Sinon, ce sera en 2023 », indique M. Adam. Ceux du programme en sciences animales prendront le relais quand les poules arriveront, pour s’assurer des aspects santé et vaccination.


Les propriétaires qui prêteront leurs poules pour la période hivernale devront de leur côté s’engager, dans un contrat, à revenir les chercher au printemps tout en certifiant qu’elles sont adéquatement vaccinées et en santé. Le budget alloué au projet est d’environ 12 000 $, estime M. Adam, qui pense pouvoir accueillir entre 50 et 99 poules, soit la limite permise pour la production d’œufs de consommation hors quota. Les œufs produits seront vendus sur le campus du Cégep de Sherbrooke.


Par : Patricia Blackburn (17/05/2022)

Source : laterre.ca

Photo : Gracieuseté du Cégep de Sherbrooke (tirée de l'article original)