Entente chez Olymel : soupir de soulagement à Vallée-Jonction


C’est toute la municipalité de Vallée-Jonction et ses environs qui ont poussé un soupir de soulagement à la suite du règlement intervenu chez Olymel, en début de soirée mardi. La fin de la grève permet d’éviter l'abattage par compassion de dizaines de milliers de porcs et de sauver 500 emplois.


L'entente entérinée par les travailleurs mardi soir dans une proportion de 78 % laisse présager un retour au travail harmonieux, estime le premier vice-président d'Olymel.


« Je pense que nous avons réussi à négocier des paramètres à la fois intéressants pour les travailleurs, mais aussi qui nous ont permis de préserver cette nécessaire compétitivité, » croit Paul Beauchamp.


Avec la fin de la grève et le maintien du personnel en place chez Olymel, le coup donné à l’économie de Vallée-Jonction a pu être limité, à la satisfaction du maire, Réal Bisson.


500 emplois ici, c’est comme des dizaines de milliers à Montréal, alors ça aurait eu un impact majeur, je dirais même catastrophique, pour la Municipalité et pour l’ensemble de la région.

Une citation de :Réal Bisson, le maire de Vallée-Jonction


Les quatre mois de conflit n’ont toutefois pas été sans laisser de traces pour les commerces de Vallée-Jonction et, plus largement, de la région.


« C'est sûr que quatre mois de grève, ça fait mal. Il y a eu des impacts auprès des petits commerces qui gravitent autour d’Olymel. Je pense à l’épicerie, au restaurant, et autres. On ne peut pas être quatre mois en grève comme ça sans que ça ne se fasse ressentir dans l’ensemble de la communauté. C’est sûr que ce n’est pas le genre de situation qu’on souhaite, » a poursuivi le maire.


Et ce n’est pas fini non plus. Il faudra quelques jours pour qu’Olymel relance sa production, indique le premier vice-président de l'entreprise.


« Jeudi, il y aura des travaux de maintenance. S'ajouteront les travailleurs rappelés, puis ceux de la sanitation. Jeudi soir, on devrait être en mesure de recevoir à l'usine nos premiers porcs, » a fait savoir Paul Beauchamp.


Retour à la normale


Selon le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, il pourrait falloir jusqu’à plusieurs mois pour que le secteur se remette de la congestion engendrée par le ralentissement de la chaîne de production d'un joueur comme Olymel.


« C'est comme si on avait eu un embouteillage de Montréal à Gaspé, présentement. La réouverture qui se fait à Montréal, ce n'est pas demain que Gaspé va pouvoir arriver à Montréal. Ça va être plusieurs mois pour nous pour revenir à une normalité. Ça va être encore un grand défi pour les producteurs, cet automne, mais au moins l'espoir est là. »


Entre-temps, on continuera d’expédier les porcs dont le poids est trop important pour l’abattage aux États-Unis, et ce, pendant quelques semaines. Cette mesure ne devrait toutefois pas affecter le prix à la caisse, selon David Duval.


Dans la cour du gouvernement


À plus long terme, le président des Éleveurs de porcs soutient que le gouvernement devra amorcer une réflexion sur l’encadrement des conflits de travail dans les industries porcine et aviaire.


« C'est un devoir au niveau du gouvernement de ne pas revoir un tel conflit, autant au niveau du poulet, qui avait eu énormément d'euthanasies, autant au niveau des porcs, où ce sont les porcs qui en ont souffert dans les bâtiments. Il faut absolument amener une modernisation sans enlever le droit de grève. Mais maintenir un abattage minimum, » croit David Duval.


Il faut éviter que le bien-être animal soit affecté, que ces animaux-là souffrent en raison d'une grève et que le consommateur voie des choses qu’il n'acceptera pas.

Une citation de :David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec


Le ministre du Travail Jean Boulet a réitéré qu’il y avait une limite à légiférer dans un secteur qui n’est pas considéré comme un service essentiel et dont l’arrêt des activités ne met pas en danger la santé et la sécurité du public.


« On n'est pas ici dans un secteur où l’on pourrait imposer le maintien des services essentiels en cas de grève et adopter une loi spéciale, par exemple, ce qui aurait eu pour effet de cesser la grève, d'imposer un retour au travail et d'imposer une façon de déterminer le contenu de la convention collective. C'est ce que je ne veux pas faire, ce que je ne voulais pas faire. Cela dit, je félicite les parties, » a indiqué le ministre, à son entrée au conseil des ministres.


Par Kathleen Lavoie (01/09/2021)


Source : ici.radio-canada.ca (ICI Québec)


Photo : Radio-Canada (archives)