Entrevue avec Pascal Houle, nouveau chef de la direction de Sollio Groupe Coopératif


PASCAL HOULE : JEUNE, EXPÉRIMENTÉ ET PROFONDÉMENT HUMAIN


À 47 ANS, PASCAL HOULE DEVIENT LE PLUS JEUNE CHEF DE LA DIRECTION DE SOLLIO GROUPE COOPÉRATIF. MALGRÉ SON ÂGE, IL A DÉJÀ FAIT UN TOUR PRESQUE COMPLET DU JARDIN COOPÉRATIF AGRICOLE. ENTREVUE POUR DÉCOUVRIR L’HOMME DERRIÈRE LE DIRIGEANT.


Plus jeune, à quoi rêviez-vous pour votre futur?


Ce qui m’a fait rêver à mon futur, c’est mon premier emploi, alors que j’étais encore à l’école, dès l’âge de 13 ou 14 ans, et jusqu’à la fin de mes études. J’ai travaillé dans le magasin de sport d’un de mes oncles. J’y ai appris notamment l’importance du service à la clientèle. Cet emploi a déclenché chez moi l’envie d’être dans les affaires, de posséder ou de gérer une entreprise. J’ai donc orienté mes études vers l’administration et la comptabilité.


Qu’est-ce qui vous a amené dans le mouvement coopératif agricole?


Ça remonte à 1998. Je venais de terminer mon baccalauréat en comptabilité. J’ai vu une petite annonce dans le journal pour un poste de directeur des quincailleries à La Coop des Appalaches. Je ne connaissais pas beaucoup le modèle coopératif, mais la description du poste et l’organisation m’intéressaient. J’ai passé l’entrevue avec Gaétan Roger, alors directeur général, et Jacques Pelletier, qui est malheureusement décédé.


Racontez-nous la suite de votre cheminement avec La Coop des Appalaches.


Après avoir été directeur des quincailleries pendant deux années, j’ai occupé les fonctions de conseiller en gestion aux Services-conseils de La Coop fédérée [aujourd’hui Sollio Groupe Coopératif]. À ce titre, je voyais au redressement des coopératives, je faisais des plans de financement et des planifications stratégiques, je négociais des marges de crédit. J’ai fait le tour du Québec, connu toutes les coopératives et leurs équipes de dirigeants. Après quatre années à cet emploi, le fonctionnement d’une coopérative n’était plus un secret pour moi.


C’est après cette expérience du réseau que vous vous êtes retrouvé à La Coop des Bois-Francs [aujourd’hui VIVACO]?


En effet. La Coop des Bois-Francs cherchait un directeur du secteur détail. Ce secteur comprenait alors les quincailleries, les stations-service et dépanneurs, et tout le volet énergie. J’ai donc occupé cette fonction pendant quatre années. Au départ du directeur général de la coopérative, je l’ai remplacé. C’est à ce moment-là que j’ai été mis en contact avec l’agriculture et les producteurs agricoles.

J’ai travaillé plusieurs années à La Coop des Bois-Francs. J’y étais heureux. La coopérative fonctionnait très bien, elle était même en croissance. Dans ma tête, j’allais rester là jusqu’à ma retraite.


Et c’est à ce moment que vous avez reçu un appel.

Oui. Le jour de l’Action de grâce 2013, Claude Lafleur, alors chef de la direction de La Coop fédérée, m’appelle. Il me dit : « Pascal, on va acheter BMR. On a besoin de quelqu’un pour remplacer le propriétaire actuel, Yves Gagnon, et on a pensé à toi. Est-ce que ça t’intéresse? » Je lui ai répondu : « Claude, je suis touché par ton offre, mais je suis vraiment bien où je suis. » Ça reste comme ça. Quelques mois plus tard, Claude Lafleur et Gaétan Desroches m’invitent à dîner : « On veut te parler de différents projets », me disent-ils. Un de ces projets était bien sûr BMR. On a discuté, et après le dîner, j’ai accepté de me joindre à BMR. J’ai commencé en mars 2014.


Après avoir été six ans à la direction de BMR, vous obtenez le poste de chef de l’exploitation de Sollio Groupe Coopératif, pour ultérieurement vous voir offrir le poste de chef de la direction. Comment vous sentiez-vous devant cette perspective?


Après avoir occupé différentes fonctions pendant 23 ans dans le réseau – tant au sein de La Coop fédérée que des coopératives locales et chez BMR – et avoir côtoyé les producteurs agricoles, j’estimais avoir une bonne connaissance de l’organisation. Mais ce qui est aussi important que l’expérience, c’est d’avoir le « sang vert » [l’esprit coopératif]. C’est nécessaire pour bien travailler tous ensemble dans le réseau. On ne naît pas avec le sang vert, mais c’est possible de l’acquérir.


Quel est le plus grand défi qui vous attend chez Sollio Groupe Coopératif?


C’est d’assurer la pérennité de cette organisation. On va fêter nos 100 ans en 2022. L’organisation et les marchés évoluent. Il faut demeurer pertinent et s’adapter à ces changements. Le plus grand défi est de m’assurer que mon successeur aura une entreprise en bonne position financière, et que notre culture forte sera intacte.


Une de vos priorités est de voir Sollio Groupe Coopératif se distinguer à titre d’organisation responsable. Sur quels aspects souhaitez-vous mettre l’accent?


On a amorcé, il y a quelques années, le déploiement de notre stratégie de responsabilité d’entreprise. On a défini nos objectifs de développement durable en se basant sur ceux qui sont mondialement reconnus, soit ceux de l’ONU. Alors, on veut inciter nos producteurs à revoir certaines pratiques, et parfois les accompagner, en ayant toujours en tête cette lutte contre les changements climatiques.


Un deuxième élément, c’est qu’on reconnaisse Sollio Groupe Coopératif comme une organisation qui veille au bien-être de tous. Qui prend soin de la planète, mais aussi de son monde : ses membres, ses employés et les gens en général. C’est un volet fondamental dans notre positionnement d’organisation responsable.


Comment vous décrivez-vous aujourd’hui?


Je suis une personne pour qui les gens sont importants. C’est important d’avoir du respect et de l’empathie envers tout le monde, peu importe le travail que l’autre fait, le poste qu’il occupe dans une organisation. Ces deux valeurs humaines vont guider ma façon d’être et mes décisions.


Par Guylaine Gagnon (21/09/2021)


Source : cooperateur.coop


Photo : tirée de l'article original