Exceldor : Jean Boulet exclut le recours à une loi spéciale


La patience du ministre du Travail a atteint sa limite quant au conflit de travail qui persiste chez Exceldor, à Saint-Anselme. Jean Boulet n’entend pas pour autant recourir à une loi spéciale afin de mettre un terme à la grève, qui entame sa cinquième semaine.


Ma patience est déjà au bout de sa corde, a laissé tomber le ministre au micro de Première heure, à Québec, où il n’a pas caché son exaspération devant le gaspillage alimentaire qui découle du conflit.


Après avoir nommé un conciliateur à la fin mars et la médiatrice spéciale Hélène Poulin le 4 juin afin de dénouer l’impasse, Jean Boulet admet s'impatienter devant la lenteur des progrès accomplis. Le ministre dit néanmoins continuer de faire confiance au processus de médiation en cours, qui n’est pas terminé, a-t-il tenu à rappeler.


Une médiatrice spéciale a un pouvoir de pression additionnel. Elle incite les parties à embarquer dans un processus de recherche de solution. Tant qu’il va y avoir, même si c'est des petits progrès, il faut continuer de lui faire confiance. Mais ça expire. La patience des Québécois est pas mal au bout de sa limite, a-t-il estimé.


Le ministre du Travail souhaite une issue rapide au conflit qui entre dans sa cinquième semaine et continue de faire les manchettes en raison d’euthanasies de poulet décriées.


Je m’attends à ce que ça se règle dans les prochains jours. À défaut, il va falloir faire des réflexions additionnelles et prendre d’autres décisions qui s’imposent en tenant compte [de] comment ça évolue.

Une citation de :Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale


Parmi ces décisions, le recours à une loi spéciale n’est pas envisagé pour l’instant, parce qu’il s’agit d’un conflit privé et qu’il n’y a pas obligation de maintenir des services essentiels.


Il y a l’arbitrage convenu par les parties ou la loi spéciale, mais ce n’est pas ce que j'anticipe à ce stade-ci. Je dis : "Négociez ou permettez-moi de nommer un arbitre". Et dès que je nomme un arbitre, ça met fin au conflit. Donc ça peut se faire demain matin, si les parties travaillent d'aplomb et veulent véritablement régler, croit le ministre.


Jean Boulet ne contemple pas non plus l'idée d'imposer l’arbitrage, un processus qui n'a été accepté que par la partie patronale jusqu'à maintenant, ce qui équivaudrait, selon lui, au recours à une loi spéciale.


L’imposer, c’est ça qui requiert une loi spéciale. Mettre fin à la grève, ordonner un retour au travail et imposer un arbitre qui trancherait le différend. Encore une fois, on est confrontés à un conflit privé et ce n’est pas une issue qui est souhaitable dans un dossier de cette nature.


Un duopole qui donne matière à réflexion

Comme beaucoup de Québécois, le ministre se questionne sur le monopole de deux grandes entreprises, Olymel et Exceldor, dans ce secteur d’activités.


Certainement qu’il y a des réflexions à faire. Ce n'est pas le premier conflit de travail qu’il y a dans le secteur de la transformation alimentaire. Mais là, il y a un contexte qui est vraiment particulier. Mais ça me préoccupe. J’en discute constamment avec mes collègues.


Mais il faut que je demeure confiant à ce stade-ci. Les parties doivent être responsables. Elles sont conscientes de la répercussion non seulement économique, mais humaine et sociale, de ce conflit-là. Elles doivent y mettre un terme. C’est eux qui ont la clé pour dénouer l’impasse dans laquelle on est.

Une citation de :Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale


Comme tous les Québécois, le gaspillage alimentaire, ça me choque aussi. Ça m’irrite passablement. C’est inacceptable dans le contexte actuel. Il y a de la famine un peu partout sur la planète. Il ne faut pas accepter ça. L’euthanasie des poulets, le gaspillage qui en découle... Il faut que les parties négocient, en viennent à une entente. Ça leur appartient ce processus-là.


Avec les informations de Louise Boisvert


Par Kathleen Lavoie (21/06/2021)


Source : ici.radio-canada.ca


Photo : La Presse Canadienne / Graham Hughes (tirée de l'article original)