La popularité des marques privées en pleine croissance


Avec l’inflation en épicerie qui a atteint 8,7 % en mars, les consommateurs se tournent avec un enthousiasme renouvelé vers les marques privées des grandes chaînes de distribution.


Normal, direz-vous, quand on constate que le prix peut varier du simple au double entre tel produit et la marque d’une multinationale.


Surtout, les valeurs nutritives des pâtes alimentaires ou de la farine de marque sans nom (Maxi et Provigo), Compliments (IGA) ou Selection (Metro) sont identiques aux autres produits.


« De la farine, c’est de la farine. On ne peut pas changer ce qu’il y a dans le sac, il y a des règles à suivre », précise la nutritionniste Suzanne Lepage, du Dispensaire diététique de Montréal.


Ce qui n’est pas le cas pour des biscuits, par exemple, auxquels on peut ajouter du sucre, du gras et d’autres ingrédients qui rendent le produit moins sain.


Au Québec, les marques privées des grandes chaînes ne sont pas aussi développées qu’en Europe, par exemple.


« On a du retard », assure Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.


Chaque chaîne d’ici en a deux : Provigo et Maxi avec sans nom et Choix du président, Metro et Supec C avec Selection et Irresistibles et IGA avec Compliments et Panache.


Gros rabais


Quel que soit le logo ou l’emballage, ces produits, comme les autres, sortent des mêmes usines. Ils sont aussi plus profitables.


« Les grandes chaînes comme Metro, IGA et Provigo n’ont pas à payer pour les mettre en tête de gondole et les rendre visibles, car elles leur appartiennent », explique Jordan LeBel, spécialiste en marketing alimentaire.



Elles sont aussi plus économiques pour le consommateur. Chez Maxi, cette semaine, le sac de 10 kg de farine blanche sans nom se détaillait 8,67 $, contre 16,49 $ pour le même sac de la marque Robin Hood.



Chez IGA, le sac de 900 g de spaghetti Compliments était affiché à 2,79 $, contre 4,49 $ pour l’équivalent de la marque Catelli.


Chez Metro, la boîte de conserve de 540 ml de haricots blancs Selection coûtait 1,99 $, contre 2,29 $ pour la même boîte de la marque Primo.


Les Québécois ont bien remarqué qu’il est possible de faire de grosses économies en choisissant ces marques « maison » ou privées.


En forte hausse


Toutes les grandes chaînes constatent d’ailleurs une hausse de la demande depuis quelques mois, soit depuis que le prix des aliments s’est enflammé.


« La croissance de nos marques est beaucoup plus rapide que celle des marques nationales », assure la porte-parole d’IGA, Anne-Hélène Lavoie.


« Nos ventes de produits de marques privées sont en hausse », confirme Metro par l’entremise de sa cheffe des communications, Geneviève Grégoire.


Même chose chez Provigo/Maxi, où l’on se garde une petite réserve pour pointer l’inflation du doigt.


« Les deux marques ont récemment fait l’objet d’une campagne de marketing », indique la porte-parole Johanne Héroux.


Tous ont l’intention de lancer de nouveaux produits de leurs marques privées sous peu, comme quoi cette période inflationniste pourrait bien permettre au Québec de rattraper son retard en la matière.


Par : Julien McEvoy (23/04/2022)

Source : journaldemontreal.com

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