La quête d’un vaccin efficace contre toutes les mutations d’un virus progresse


La quête d’un vaccin efficace contre toutes les mutations d’un virus – véritable Graal des immunologistes – progresse. Moderna a annoncé élaborer des vaccins contre plusieurs maladies à la fois.


L’entreprise de biotechnologies Moderna a déclaré jeudi dernier commencer l’étude d’un vaccin capable de lutter à la fois contre la grippe et contre la COVID-19. Une seconde étude est aussi en cours pour tester un vaccin contre plusieurs souches de virus de l’influenza. La compagnie a également publié des données encourageantes dans le développement d’un vaccin protégeant contre trois virus respiratoires différents.


Si ces essais étaient concluants, ils pourraient donner naissance à une nouvelle génération de vaccins plus performants contre la grippe.


Les scientifiques tentent depuis des années de mettre au point un tel vaccin dit « universel » contre l’influenza. Le processus traditionnel de fabrication de ces vaccins est si lent que, chaque année, les spécialistes doivent « anticiper les mutations, les changements ou les déviations génétiques du virus pour essayer d’avoir un vaccin qui va être efficace », explique Dre Maryse Guay, professeure de santé publique à l’Université de Sherbrooke et spécialiste des programmes de vaccination. « Il y a des années où on tombe bien, des années où on tombe moins bien. » L’efficacité de ces vaccins oscille entre 40 % et 60 %.


L’Organisation mondiale de la santé estime que la grippe est responsable d’environ 3 à 5 millions de cas de maladies graves chaque année, et de 290 000 à 650 000 décès.


Or, la technologie d’ARN messager qu’utilise désormais Moderna est une « technologie très malléable » qui facilite les expérimentations, assure Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au centre hospitalier de l’Université de Montréal. Plutôt que d’utiliser un virus désactivé pour élaborer la bonne recette à inclure dans le vaccin, cette technologie n’a besoin que du génome du virus à combattre.


Pour arriver à un vaccin universel, « il faut cibler des régions du génome qui sont plus conservées, donc qui varient moins, mais qui sont communes à tous les variants », explique Dre Cécile Tremblay. « Habituellement, c’est plus difficile à réaliser. »


Et la COVID-19 ?


La Dre Cécile Tremblay rappelle que les vaccins actuels contre la COVID-19 sont déjà presque universels, car ils « sont quand même capables de susciter les anticorps qui vont vous protéger contre la maladie sévère de beaucoup de variants ». L’apparition de mutations échappant à cette protection l’amène tout de même à conclure que « ça pourrait être optimisé ».


Les milliards de dollars injectés dans l’industrie pharmaceutique depuis le début de la pandémie accélèrent certainement le processus, ajoute-t-elle. « Ça va venir rapidement. […] [Les entreprises] sont toutes en train de travailler là-dessus. »


Par Jean-Louis Bordeleau (14/09/2021)


Source : ledevoir.com


Photo : tirée du résumé de l'article du Devoir dans feedly.com