Le dindon sauvage prospère au Québec


Après avoir frôlé la disparition, le dindon sauvage est abondant dans le sud du Québec, mais sa conquête nordique va s’arrêter là où la neige est trop abondante.


« C’est un oiseau qui doit s’alimenter tout l’hiver ; s’il y a trop de neige, il ne survivra pas », commente le biologiste Jean-Pierre Tremblay, de l’Université Laval.


Avec son équipe, le professeur Tremblay a suivi durant plusieurs saisons une soixantaine de ces gros oiseaux de la famille des perdrix dans trois sites (Dunham, Huntingdon et Val-des-Sources – anciennement Asbestos). À l’aide d’émetteurs, il a pu constater que la population la plus affectée par l’hiver québécois était celle où l’épaisseur de neige dépassait 30 centimètres.


« Le froid les incommode moins que la neige trop abondante qui limite leur accès à la nourriture », affirme le spécialiste du Centre d’études nordiques, coauteur d’un article paru récemment dans la revue scientifique Oecologia.


Chasseurs contents


Pratiquement disparu du Québec en 1980, le dindon sauvage est aujourd’hui présent du Bas-Saint-Laurent à l’Outaouais au grand plaisir des chasseurs qui ont été plus de 22 000 à acheter un permis en 2021, soit 10 fois plus qu’en 2005, première année où ce gibier a été permis.


On chasse le dindon un peu partout à l’exception du Nunavik, mais c’est en Estrie, en Montérégie et dans le Centre-du-Québec qu’on rapporte le plus de prises. Au total, 9480 oiseaux ont été tués, selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.


« C’est une chasse très excitante qui gagne d’année en année plus d’adeptes », dit Stéphanie Vadnais, de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. En collaboration avec le ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, la fédération a procédé à la réintroduction de cette espèce dans les années 2000.


Une opération couronnée de succès puisqu’on trouve aujourd’hui l’oiseau dans 473 parcelles d’observation de la dernière édition de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec (contre 16 parcelles en 1995).


Hautement stratégique


Hautement stratégique, la chasse aux dindons mâles commence 30 minutes avant le lever du soleil et dure jusqu’à midi.


Le chasseur doit s’installer dans une cache dès 4 h et appeler la proie à un endroit déjà repéré. « En plus du permis national, cette activité nécessite une attestation de formation obligatoire », précise Mme Vadnais.


Elle-même a rapporté plusieurs prises au cours des dernières années.


Il y aurait au Québec quelque 700 000 chasseurs, dont 30 % de femmes.


Par : Mathieu-Robert Sauvé (04/11/2021)


Source : journaldemontreal.com


Photo : unsplash.com