«Le lobby anti-viande exerce une grande influence sur les décisions politiques».


Bien qu'il ne représente qu'une frange minoritaire de la population, le lobby végane exerce une grande influence sur les décisions politiques grâce à une stratégie d'une redoutable efficacité. C'est ce qu'avance Jacques Crolais, directeur de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne, qui était conférencier invité dans le cadre du Porc Show, le 25 novembre.


«L'accélération de l'urbanisation s'accompagne d'une perte du lien à la terre. Cette déconnexion entre l'urbain et la ruralité est un terreau favorable au lobby végane», a-t-il illustré. Le membre fondateur du comité stratégique Les z'Homnivores, créé par les producteurs de viande de Bretagne pour faire face aux actions commises par les groupes plus radicaux du mouvement végane, est d'avis qu'il est possible de redorer l'image de l'alimentation omnivore en s'organisant. «Il faut d'abord réussir à réunir des personnes motivées dans chacune des filières pour travailler sur le dossier et bâtir une stratégie.


Le seul bon conseil que je pourrais donner, c'est de ne pas se laisser entraîner en réponse aux attaques, mais d'essayer d'avoir un discours positif, en misant par exemple sur le plaisir lié à la gastronomie basée sur la viande, auquel les consommateurs sont encore très attachés», soutient-il.


Influence politique


De fait, le pourcentage de la population adhérant à ces idéologies serait minime, avec 2,5 % de végétariens et 0,5 % de véganes, contre 97 % d'omnivores (incluant 35 % de flexitariens), selon des sources européennes citées par M. Crolais. «La stratégie de ces organisations radicales est de créer du bruit autour de la minorité qu'elles représentent, par exemple en diabolisant les producteurs de viande avec des actes extrêmes qui accaparent l'attention des médias, dit-il. Ce lobbying agressif réussit, par son efficacité, à exercer une influence sur les décisions politiques en lien avec le bien-être animal et à faire ajouter plus de contraintes à l'industrie de la viande pour la rendre moins performante et rentable.


Source : La Terre de chez nous (2 décembre 2020)