Le nombre de plaintes liées aux odeurs de l’usine Sanimax explose encore


Pour un deuxième été, les plaintes s’accumulent concernant les odeurs émanant de l’usine Sanimax de Lévis. Dans les dernières semaines, elles se sont multipliées par huit, malgré les promesses et les plans d’actions de l’entreprise d'équarrissage. Et la Ville fourbit ses armes en vue d’amendes salées.


Le scénario de 2021 semble se répéter dans les quartiers de Charny et de Saint-Rédempteur, à Lévis. Malgré les promesses formulées par l’usine Sanimax au printemps, qui qualifiait les problèmes d’odeurs «d’extraordinaires», les émanations puantes sont de retour. Et les plaintes aussi.


Plus ou deux moins deux semaines après la parution d’un article du Soleil rapportant le retour des odeurs, le nombre de plaintes officiellement déposées à la Ville de Lévis par les citoyens s’est multiplié par huit.


Si à la fin du mois de juin, la municipalité avait reçu trois plaintes officielles, pas moins de 24 plaintes formelles avaient été formulées par des résidents le 12 août dernier. Et autour d’une centaine d’appels reçus à ce sujet.


Pourtant, en avril, Québec investissait 2,5M$ pour assister l'entreprise qui dispose des carcasses d’animaux provenant des abattoirs dans des rénovations majeures. Ce qui devait réduire les émanations dans le voisinage.


Amélioration du système d’atténuation des odeurs, réaménagement d’une aire d’accueil «ventilée» et installation de brumisateurs autour de l’usine étaient au menu. Sanimax annonçait également «revoir ses façons de faire et ses méthodes de collecte [de carcasses]» pour s’assurer qu’elles restent moins longtemps exposées dans l’aire d’accueil.


Le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, affirmait alors que «le gage du succès [de l’entreprise] sera démontré par la baisse significative des plaintes [cet été].


Les résidents de Lévis ne sont pas les seuls à devoir endurer des odeurs répétées émanant de Sanimax. L’usine de Rivière-des-Prairies, dans l’est de Montréal, a également fait couler beaucoup d’encre dans les derniers temps.


Forcée à réduire ses odeurs, l’entreprise a fait planer la fermeture de ses installations montréalaise, jugeant trop contraignant un nouveau règlement interdisant l’entreposage extérieur de carcasses.


Lévis fourbit ses armes


Si la Ville de Lévis refuse de s’avancer officiellement sur d’éventuelles poursuites contre Sanimax pour les odeurs occasionnées par ses activités, toutes les plaintes formelles sont étudiées et enquêtées par des inspecteurs municipaux.


Même si elle n’a pas pour l’instant l’intention de se tourner vers les tribunaux, Lévis prépare tout de même un dossier de preuve «en vue de donner une amende à Sanimax», pénalité qui pourrait éventuellement être contestée en cour par l’entreprise, explique la porte-parole de la Ville.


Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a signifié publiquement à de nombreuses reprises au cours des derniers mois son intention de mettre au pas l’entreprise. En mars, la Ville de Lévis a même modifié son règlement sur les nuisances pour y inclure la nuisance par odeurs.


Particuliers et entreprises s’exposent désormais à des amendes pouvant aller jusqu’à 2000 $ «pour toute odeur nauséabonde qui se dégage d’un immeuble et qui incommode le confort ou le bien-être des personnes qui résident, travaillent ou se trouvent dans le voisinage». Et ce montant peut doubler en cas de récidive.


Le maire n’était toutefois pas disponible pour commenter le dossier, mercredi.


En date du 12 août, aucun montant n’avait été réclamé par la municipalité à l’entreprise.


(Avec la collaboration d’Émilie Pelletier, Le Soleil)


Par : Simon Carmichael (18/08/2022)

Source : lesoleil.com

Photo : Émilie Pelletier | Archives Le Soleil (tirée du présent article)