Le nouveau guide alimentaire et la consommation de viande


Malgré l’adoption et la mise en action récente du nouveau Guide alimentaire canadien qui mise, non plus sur les groupes alimentaires, mais bien sur un pourcentage de consommation des aliments, les élevages porcins et bovins se portent bien.


En effet, selon le conseiller principal aux communications chez les Éleveurs de porcs du Québec, Frédéric Labelle, les effets du nouveau Guide alimentaire canadien ne se sont pas fait ressentir dans leurs pratiques. « Il n’y a pas eu de baisse de production, à cause de ça, même qu’il y a une mouvance de l’achat local », a-t-il affirmé en entrevue.


Selon M. Labelle, la pandémie de COVID-19 aurait conscientisé une majorité de consommateurs sur l’importance d’encourager les industries alimentaires québécoises.


Jean-Thomas Maltais, président des Producteurs de bovins du Québec en arrive au même constat. « On a été surpris. On se disait que ça allait être stable, dans le meilleur des cas, mais non, il y a même eu une hausse de la consommation. » Cette hausse, ce dernier se l’explique également en raison de la pandémie, car les gens ont davantage cuisiné à la maison.


M. Maltais soutient que ce n’est pas tant le nouveau Guide alimentaire canadien qui dicte aux consommateurs quoi mettre dans leur panier d’épicerie que l’éventail diversifié de produits offerts.


Une réorientation alimentaire végétalienne ?


Le discours des végétaliens a probablement plus de portée, croit M. Labelle. « Est-ce qu’on en ressent l’impact au niveau de la production? Pas vraiment », vient-il cependant nuancer.


Frédéric Labelle soutient que les mœurs et les pratiques ont bien changé en matière de santé et de bien-être animal et rappelle que les Éleveurs de porcs du Québec les ont placés au cœur de leurs préoccupations. « Ce n’est pas une mode, mais une réelle préoccupation. Il n’y a pas un éleveur qui n’est pas conscientisé par le bien-être animal », est-il venu appuyer.


L’un des exemples les plus concrets de cette évolution? Les truies qui, avant, étaient en cage sont maintenant en groupe tout au long de leur temps de gestation. « Plus de la moitié des élevages au Québec ont déjà fait la transition. »


Jean-Thomas Maltais croit pour sa part que, peu importe les habitudes de consommation que les gens décideront d’adopter, « l’important, c’est surtout de manger des produits qui sont le moins transformés possible ». Et ne faire d’excès dans rien, bien sûr. « On [les Producteurs de bovins du Québec] respecte l’alimentation de tout le monde », a-t-il déclaré en soulignant qu’il est essentiel de garder le cap sur une alimentation équilibrée.


Par : Annabelle Richard (18/12/2021)

Source : laterre.ca

Photo : Julia Zyablova (unsplash.com)


Cet article a été produit en association avec le cours Quête de sens journalistique, animé par Jean-François Gazaille à l’Université du Québec à Montréal