McDonald’s se retire complètement de la Russie


C’en est fait des Big Mac en Russie. Le géant américain de la restauration rapide McDonald’s a annoncé lundi qu’il se retire complètement du marché russe, après y avoir été présent pendant 32 ans.


La multinationale avait annoncé la fermeture temporaire de ses 847 restaurants russes le 8 mars, mais n’avait pas exclu de rouvrir ses portes. L’évolution de la guerre en Ukraine l’a finalement convaincu de vendre tous ses restaurants.


La crise humanitaire provoquée par la guerre en Ukraine et l’environnement économique imprévisible qui en a découlé ont conduit McDonald’s à conclure que la poursuite de nos activités en Russie n’était plus tenable ni cohérente avec nos valeurs, explique-t-elle dans un communiqué.


« Il est impossible d’ignorer la crise humanitaire causée par la guerre en Ukraine. Et il est impossible d’imaginer que les Arches dorées représentent le même espoir et la même promesse qui nous ont menés à entrer le marché russe il y a 32 ans. »

— Une citation de Chris Kempczinski, président-directeur général de McDonald’s dans une lettre aux employés


McDonald’s, qui réalisait environ 9 % de son chiffre d’affaires total et 3 % de son bénéfice opérationnel en Russie, affirme qu’elle compte vendre tous ses restaurants à un acheteur local.


Elle conservera cependant les droits sur sa marque de commerce, y compris son logo et son menu, et retirera les arches emblématiques de ses restaurants.


Elle continuera par ailleurs de payer ses quelque 62 000 salariés russes jusqu’à ce qu’une vente soit conclue, comme elle le fait depuis la fermeture de ses restaurants.


McDonald’s inscrira une charge non décaissable (ne donnant lieu à aucune sortie d'argent) comprise entre 1,2 et 1,4 milliard de dollars en raison de son retrait de la Russie.


En 1990, le président russe Boris Eltsine était lui-même venu saluer l'ouverture du premier McDonald's russe, qui symbolisait le début d'une nouvelle ère après des décennies de communisme.


L’arrivée de McDonald’s en Russie en 1990, dans la foulée de l’effondrement de l’Union soviétique, avait constitué un puissant symbole.


Plus de 5000 personnes s’étaient précipitées à l’ouverture de son premier restaurant, place Pouchkine, à Moscou.


Renault cède ses actifs... mais envisage un retour


Le fabricant automobile Renault a de son côté annoncé la cession de ses actifs en Russie, dans le cadre de la première nationalisation d'ampleur effectuée depuis le début de l'offensive en Ukraine, le 24 février.


Le groupe français cède concrètement sa participation majoritaire (67,69 %) dans le groupe Avtovaz, détenteur de la marque Lada, au NAMI, l'institut russe de recherche et de développement des automobiles et des moteurs.


Ses parts dans Renault Russie, qui détient notamment une usine fabriquant des véhicules Renault et Nissan située non loin de la capitale, ont pour leur part été cédés à la ville de Moscou.


Toutes les activités de Renault en Russie avaient été suspendues fin mars.


Un homme et une femme marchent près d'un concessionnaire Renault.

Une salle de montre de véhicules Renault, à Saint-Pétersbourg, en Russie (archives)


Renault n'a pas dévoilé le montant de la transaction dans son communiqué annonçant les ententes. Le ministre russe du Commerce et de l'Industrie, Denis Mantourov, avait avancé fin avril la somme d'un rouble symbolique.


Constructeur automobile le plus engagé en Russie, Renault ne ferme cependant pas la porte à un retour dans le pays, puisqu'il a négocié l'option de racheter ses parts dans Avtovaz d'ici six ans.


« Nous avons pris une décision difficile mais nécessaire; et nous faisons un choix responsable envers nos 45 000 salariés en Russie, tout en préservant la performance du Groupe et notre aptitude à revenir dans le pays à l'avenir, dans un contexte différent. »

— Une citation de Luca de Meo, directeur général de Renault


La direction de Renault avait déjà annoncé qu'elle allait passer au premier semestre une provision d'environ 2,2 milliards d'euros (environ 3 G$ CA) en raison de cette vente.


Renault s'était engagé dans Avtovaz en 2008, avant d'en devenir l'actionnaire majoritaire en 2014. Il a redressé le groupe russe, en grande difficulté.


La Russie était le deuxième marché du groupe Renault dans le monde derrière l'Europe, avec près de 500 000 véhicules vendus en 2021.


Le marché russe de l'automobile s'est toutefois effondré depuis le début du conflit en Russie, et les usines d'Avtovaz tournent au ralenti, voire pas du tout, en raison d'une pénurie de composants importés engendrée par les sanctions occidentales.


Avec les informations de Agence France-Presse et Reuters


Source : ici.radio-canada.ca (16/05/2022)

Photo : Evgenia Novozhenina | Reuters (tirée de l'article original)