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Mise en marché : Le prix du dindon rebute les consommateurs


«La dinde est un produit attrayant, mais on ne réussit pas à bien le positionner sur le marché, parce que son prix n'est pas assez accessible», a signalé d'entrée de jeu Marie-Ève Tremblay, directrice générale des Éleveurs de volailles du Québec, lors d'une journée d'information sur le dindon, le 30 mars.


Le président des EVQ, Pierre-Luc Leblanc, a ajouté que la dinde n'était « malheureusement pas encore une valeur acquise dans le coeur des consommateurs », comme peuvent l'être d'autres types de viandes. En conséquence, quand le prix devient plus élevé, les consommateurs se tournent plus facilement vers d'autres produits «comme des poitrines de poulet, un rôti de boeuf ou de porc», a-t-il fait remarquer.


Les données Nielson des ventes en épicerie confirment cette tendance, en montrant la corrélation directe entre la hausse des prix sur les tablettes et une chute des ventes de dindons entre 2020 et 2021, qui sont passées de 7,1 M de kg en 2020 à 5 M de kg en 2021.


Plusieurs facteurs en jeu


Présentement, plusieurs facteurs jouent sur le prix, selon les EVQ, qui énumèrent la quantité plus basse des inventaires, ce qui crée une pression à la hausse sur les prix, la difficulté pour les éleveurs du Québec de produire 100 % de l'allocation qui leur est allouée, ce qui a un effet sur la disponibilité du produit sur les tablettes, et l'inflation, qui affecte les coûts de production et qui se répercute sur le prix du produit.


Du côté des transformateurs, qui sont conscients des enjeux entourant le marché du dindon, l'un des défis pour stabiliser cette industrie sera de réussir à changer les habitudes de consommation des Québécois, qui sont moins friands de dindons que leurs homologues des autres provinces canadiennes. «Car le dindon est une viande particulière, qui a toujours été et est encore un produit saisonnier», soulève Sylvie Richard, secrétaire générale au Conseil québécois de la transformation de la volaille (CQTV). Il ne suffit donc pas, selon elle, que le produit soit plus présent sur les tablettes pour que les consommateurs l'achètent. «Le jeu de l'offre et la demande est plus complexe, et le produit doit aussi demeurer rentable pour le transformateur», signale-t-elle.


Elle croit toutefois qu'en rapetissant les portions et en se demandant ce que le consommateur veut avoir dans son assiette, il serait possible de «désaisonnaliser» le produit pour pouvoir stabiliser les ventes et rentabiliser la production de dindon. Elle signale à cet égard que plusieurs rencontres sont prévues dans les prochaines semaines entre les membres de la filière pour mettre en place des stratégies.

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Le dindon arrivera-t-il un jour à se tailler une place plus régulière dans les assiettes des Québécois? C'est le défi que la filière veut relever dans les prochaines années.


Par : Patricia Blackburn (13/04/2022)

Source : La Terre de chez nous

Image rawpixel.com

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