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Quel est ce sous-variant Omicron BA.2 ?


« Sous-variant ». Ce nouveau terme a été prononcé à plusieurs reprises la semaine dernière par les directions de Santé publique. En effet, un « cousin » du variant Omicron est apparu sur le radar des experts. Cette nouvelle mutation ne semble pas, pour l’instant, plus dangereuse.


Omicron BA.2 est une forme légèrement différente de l’Omicron B.A1 (celui qui circule le plus actuellement). Quelques dizaines de cas ont été détectés au Canada et au Québec.


Ce sous-variant est qualifié de « furtif » par plusieurs scientifiques, car des mutations lui confèreraient la propriété d’échapper aux tests de dépistage par un procédé nommé « échec d’amplification de la cible du gène S ».


Dans un test PCR, « des petites molécules collent au bagage génétique du virus et permettent d’amplifier le signal, explique le virologue Benoit Barbeau. Une chaîne de réactions permet qu’une petite quantité [de virus] puisse être détectée. »


Si ces molécules ne correspondent plus au bagage génétique du virus, celui-ci étant devenu trop différent, il y a plus de chance de créer des faux négatifs. Cette défaillance a déjà été repérée par des scientifiques qui travaillent à recalibrer le processus de dépistage pour y inclure ce sous-variant BA.2.


« On sous-estime sans doute [le nombre d’Omicron BA.2 qui circule] à cause de ça », confirme Benoit Barbeau. Selon lui, il n’y a pas lieu de s’alarmer devant ce phénomène.


Le directeur national de Santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau, n’a par ailleurs pas semblé inquiet outre mesure de l’apparition du sous-variant. « On ne croit pas que ça va faire basculer les plans de déconfinement. […] Probablement qu’il est plus contagieux. Les données jusqu’à maintenant ne montrent pas qu’il serait plus dangereux en ce qui concerne le nombre d’hospitalisations, ou plus mortel », a-t-il énoncé.


Omicron BA.2 a été détecté dans au moins 54 pays.


Le groupe Omicron


Ce n’est pas la première fois qu’un sous-variant est détecté. Le « Delta plus » a fait parler de lui brièvement l’année dernière, avant de disparaître au profit de souches plus résistantes.


Ce qu’on appelle le variant Omicron serait en fait lui-même un sous-variant, selon Benoit Barbeau.


« On croit vraiment qu’il y a eu un ancêtre commun qui aurait été créé au début de 2021, puis qui aurait évolué sous la forme de différents sous-variants, pour apparaître en Afrique du Sud en novembre et en décembre chez nous. »


C’est ainsi qu’à partir d’un ancêtre commun seraient nés au moins trois sous-variants Omicron : le B.A1, le B.A2 et le B.A3.


Ce « groupe Omicron » se situe vraiment à part par rapport aux autres groupes de variants, car il possède une quantité très importante de mutations uniques qui le distinguent des autres formes que prend le SRAS-CoV-2.


« Il y a autant de variations entre les sous-variants du groupe Omicron que lorsqu’on parle du variant Alpha versus Delta, observe M. Barbeau. Ça démontre qu’il y a plus d’adaptations de la part de ce virus que ce que l’on pensait jusqu’à présent. »


Ce texte est tiré de l'infolettre du Devoir « Le courrier du coronavirus » du 1er février 2022.


Par : Jean-Louis Bordeleau (01/02/2022)

Source : ledevoir.com

Photo : Jerome Delay | Associated Press (tirée de l'article de ledevoir.com)

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