Recrudescence de SRRP dans les élevages porcins


Le nombre de nouvelles contaminations au syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) est en augmentation dans les élevages porcins du Québec depuis le printemps dernier.


Lors de la réunion annuelle du Réseau Santé Sud-Ouest (RSSO) le 9 février 2021, le médecin vétérinaire François Cardinal a exposé la situation pour le territoire qu’il couvre, mais la tendance est aussi observée dans l’ensemble du Québec. Le RSSO couvre toute la Montérégie, ainsi une partie du Centre du Québec et de l’Estrie.


Alors que seulement 17% des maternités étaient positives à des souches sauvages de SRRP en décembre 2019, ce nombre était de 44% un an plus tard. Et puisque les porcelets qui en sortent sont positifs, les pouponnières et les engraissements démontrent plus de cas de SRRP qu’un an plus tôt.


Évolution des statuts


Sites avec souches sauvages Décembre 2019 Décembre 2020

Maternités 17% 44%

Naisseurs-finisseurs 46% 47%

Futurs reproducteurs 13% 30%

6 – 125 kg 24% 39%


Jusqu’en avril 2020, la courbe de contaminations suivait une courbe normale de contaminations. « Par contre, à partir du mois de mai, il y a eu une augmentation énorme des contaminations, explique François Cardinal. On a eu 10 contaminations seulement pour le mois de mai. » Le nombre est par la suite resté élevé avec une nouvelle hausse importante en novembre et en décembre.


L’année 2020-2021 débute avec une nouvelle année élevée en termes de contaminations au SRRP avec 18 contaminations en six mois.


Analyse


La professeure adjointe Marie-Ève Lambert du Laboratoire d’épidémiologie et de médecine porcine (LEMP) de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal a analysé les souches de SRRP pour essayer de comprendre la situation.


Le LEMP a la responsabilité de suivre l’évolution des souches SRRP dans la province depuis 2014.


Le LEMP a remarqué dans la dernière année que la proportion de séquences sauvages et le nombre d’introduction de souches dans les maternités au Québec, sont en augmentation. Ils ont remarqué que les souches ont déjà soit déjà circulé dans la région ou dans d’autres régions du Québec.


Avantage aux indépendants


Dans une analyse des données du RSSO depuis 2014, François Cardinal a remarqué que les producteurs indépendants étaient deux fois moins souvent contaminés par de nouvelles souches que les fermes en réseau, même si l’indice d’exposition moyen était plus élevé.


Selon François Cardinal, le va-et-vient dans les réseaux pourrait expliquer cette différence. À l’opposé, les fermes indépendantes ont souvent des équipes plus fermées, plus autonomes.


Ainsi, dans les fermes indépendantes, les risques de contaminations seraient davantage liés au voisinage alors que dans les fermes en réseaux, les contaminations viendraient davantage des équipes de travail.


Par Marie-Josée Parent


Source : lebulletin.com (Le Bulletin des agriculteurs)