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Saint-Gabriel-de-Valcartier: un nouveau cas de grippe aviaire qui inquiète


Le deuxième cas d’influenza aviaire, qui vient d’être déclaré positif à Saint-Gabriel-de-Valcartier par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et qui touche une ferme commerciale de dindons, sème l’inquiétude étant donné la proximité des autres fermes.


Après le premier cas survenu le 28 juin dernier sur une ferme de 4600 dindons, un deuxième cas vient d’être rapporté dimanche, avec des conséquences encore plus grandes.


En effet, selon les plus récentes informations, près de 10 000 dindons se trouvaient dans l’un des quatre bâtiments du site qui a été confirmé par l’ACIA où un taux élevé de mortalité avait été observé. Le bâtiment par lequel la maladie est entrée abritait des oiseaux qui devaient partir à l’abattoir avant d’être mis en marché.


Sur ce seul nouveau site, on estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 16 000 volailles qui devront être éliminées, si jamais la maladie s’immisce dans les autres bâtiments de la ferme, ce qui représente un dur coup pour le producteur concerné. Les deux fermes où les cas ont été rapportés sont à 800 mètres de distance l’une de l’autre.


Plusieurs fermes appliquent les mesures de biosécurité pour prévenir la propagation de la maladie de la grippe aviaire à Saint-Gabriel-de-Valcartier, comme ici, sur la 5e Avenue, où les personnes non autorisées ne peuvent pas entrer.


Très difficile moralement


«Étant donné la proximité avec l’autre site, la ferme n’a pas pu éviter la contamination, malgré les efforts et les mesures de biosécurité. C’est une ferme qui est assez populeuse en termes de bâtiments avicoles. Donc, ça nous inquiète grandement actuellement», a indiqué Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec qui est en contact avec les producteurs de Saint-Gabriel-de-Valcartier.


«C’est l’ACIA qui prend les décisions en fonction de ce qu’elle voit et des tests qu’elle réalise. Donc, l’Agence va regarder ce qu’il faut faire et nous allons nous fier à ses recommandations pour voir ce qui arrive avec le reste du site», a ajouté M. Leblanc.


Selon lui, la situation «est très difficile moralement» pour les producteurs de dindons de la municipalité, située en banlieue de Québec.


La municipalité de Saint-Gabriel-de-Valcartier, au nord de Québec, est aux prises avec des cas de grippe aviaire qui menacent les producteurs de dindons de la région, qui sont nombreux sur ce territoire.


«Déjà de voir mourir les oiseaux, ç’a un impact sur le moral. On travaille fort pour maintenir la santé de nos oiseaux pour nourrir la population comme producteurs. Ça nous affecte et c’est sans compter la pression financière qui vient s’ajouter à tout ça. La situation n’était déjà pas facile avec l’inflation et le coût des grains. Donc, avoir à subir d’autres pertes, ce n’est pas facile. On tente le plus possible d’apporter notre soutien moral», a ajouté M. Leblanc.


Ce qui inquiète en ce moment, c’est la concentration de fermes d’élevage de dindons à Saint-Gabriel-de-Valcartier où on dénombre 85 bâtiments dans un rayon de 10 kilomètres carrés, ce qui représente une dizaine de fermes. L’influenza aviaire est hautement pathogène et elle peut décimer un troupeau en quelques jours seulement, a souligné M. Leblanc.


D’après le président des Éleveurs de volailles du Québec, c’est la première fois que la maladie touche les éleveurs de dindons.


«Plus les cas se multiplient, et c’est ce que le deuxième cas vient de faire, plus ça se rapproche des autres bâtiments. Donc, on espère qu’on contrôle la situation, mais on n’a pas beaucoup de pouvoir là-dessus», a-t-il ajouté.


Dispositifs de contrôle


Par mesure de précaution, les fermes ont installé des dispositifs pour contrôler la circulation humaine et éviter la propagation, en interdisant l’accès aux personnes non autorisées. Des barrières avec des affiches ont été installées en guise d’avertissement comme Le Journal a pu le constater en circulant sur la 5e Avenue où on compte plusieurs éleveurs. La maladie peut se propager directement d’un oiseau à un autre par les sécrétions et les excréments. Elle peut aussi se transmettre indirectement par la nourriture, l’eau ou de l’équipement contaminé.


Impacts financiers


L’impact financier pour les producteurs est «très grand», ajoute M. Leblanc. Bien que des programmes gouvernementaux prévoient une aide, les producteurs sont sans revenu pendant une période qui peut être assez longue, dit-il, en attendant que la ferme retrouve un niveau d’activité normal.


«Ce sont des pertes financières incroyables pour les producteurs. C’est majeur. On ne veut pas que ça arrive à personne. Je suis moi-même un éleveur. Je peux facilement me mettre dans leur peau», a ajouté le président.


Par : Diane Tremblay (04/07/2022)

Source : journaldemontreal.com

Photo : tirée de l'article original

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