Une équipe impliquée pour rentabiliser la filière porcine à la ferme Ste-Catherine


BORDÉE PAR UNE MONTAGNE, LA FERME STE-CATHERINE NORD – EXPLOITATION PORCINE SITUÉE DANS LE RANG DU BRÛLÉ DE PONT-ROUGE (PRÈS DE QUÉBEC) – AMÉLIORE SES STATISTIQUES ANNÉE APRÈS ANNÉE. DE 2018 À 2020, L’ÉQUIPE DIRIGÉE PAR CHRISTINE MARCOTTE ET CYNTHIA GALLANT A VU SON NOMBRE DE PORCELETS AUGMENTER DE PRÈS DE 16 000. LE FRUIT DU TRAVAIL D’UNE ÉQUIPE ENGAGÉE, DÉVOUÉE ET IMPLIQUÉE À FOND DANS LES SUCCÈS DE L’ENTREPRISE, PROPRIÉTÉ D’AVANTIS COOPÉRATIVE.


Le défi était de taille. La commande des patrons était d’élever le chiffre de 50 000 porcelets à 60 000 par an pour cette maternité de 2400 truies. « Il y a deux ans, en 2019, nous avions une productivité de 26 porcelets/truie/année; nous en sommes maintenant à 28,45, dit la gérante, Christine Marcotte. Nous avons travaillé sur tous les points de régie, un à la fois, en commençant par ceux qui ont un effet de levier important – par exemple, s’assurer d’avoir des chambres de mise bas bien remplies. » Les dernières statistiques montrent que l’objectif a été dépassé, et de beaucoup. L’an dernier, 65 000 animaux ont été livrés aux pouponnières et finisseurs du réseau Sollio Groupe Coopératif. Ce tour de force a été rendu possible par le travail acharné de l’équipe en place et la gestion efficace des dirigeantes, qui ont reçu l’aide précieuse de l’expert-conseil et agronome Éric Nadeau et du vétérinaire Jean Brochu.


Pour faire grimper le nombre de porcelets sevrés par truie à 28,45 et ainsi décrocher le troisième rang à l’AGREPP (Association de groupes d’éleveurs en production porcine), les dirigeantes ont priorisé la formation des employés afin de maximiser leur travail. « Un personnel qualifié fait toute la différence », précise Christine Marcotte. Éric Nadeau ajoute : « Le but premier d’une entreprise comme celle-ci, c’est de produire un nombre élevé de porcelets lourds et en santé. C’est là que se trouve la rentabilité. La force de cette équipe, c’est qu’elle ne choisit pas le statuquo. Elle pose des questions, et les réponses doivent arriver. On avance ici. »


« La première chose que je constate, c’est la stabilité, enchaîne Cynthia Gallant, responsable des mises bas et bras droit de Christine Marcotte. Les personnes qui s’occupent des naissances ici sont stables, elles ne changent pas toutes les semaines. Ça fait toute la différence. » L’expertise acquise par l’équipe de Ste-Catherine constitue une des clés, selon Cynthia Gallant. « Tout se passe lors des trois premiers jours : 80 % des pertes se situent durant cette période. »


Pour arriver à faire fonctionner rondement les choses, Christine Marcotte et Cynthia Gallant ont composé des équipes comprenant deux travailleurs québécois et trois travailleurs venant du Guatemala. Tous ont été formés adéquatement pour effectuer l’ensemble des opérations cruciales de la maternité. À commencer par la période de gestation. « C’est le moteur de la ferme, affirme Christine Marcotte. Si tu n’as pas un bon départ avec tes gestations, ça va te suivre tout au long du cycle des truies et tes résultats seront décevants. »


MISER SUR LES QUALITÉS HUMAINES


Les qualités de chacun sont mises à contribution. « Pour sevrer le plus de porcelets possible, tous doivent développer leur sens de l’observation, explique Cynthia Gallant. Il faut réagir vite quand les porcelets arrivent au monde. » Éric Nadeau ajoute : « La consommation du colostrum doit se faire dans les 12 premières heures. » Si une truie éprouve des difficultés, les employés doivent le voir rapidement et réajuster le tir. « Nous devons affecter la bonne personne à la bonne tâche, déclare Cynthia. Par exemple, la personne qui s’occupe des truies en liberté, c’est la meilleure que nous avons engagée. C’était sa place. Tout comme celle qui s’occupe des naissances, c’est la meilleure. »


Pour s’assurer de monter la bonne équipe, les dirigeantes ont fait preuve d’initiative et de souplesse. « De nos jours, nous devons offrir des conditions de travail qui plaisent aux employés, dit Christine Marcotte. Prenez Cynthia. Elle est jeune mère, et le fait de pouvoir commencer sa journée après l’ouverture des garderies lui offre une latitude fort appréciée. Une autre, Marie-Ève Hébert, a des chevaux qu’elle entraîne. Elle peut finir plus tôt si nécessaire et nous le rend quand nous avons besoin d’un effort supplémentaire, comme pendant la COVID-19. »


De leur côté, les travailleurs guatémaltèques ne reculent pas devant de longues semaines de travail. « Ils veulent travailler; parfois, je dois les ralentir », soutient Christine Marcotte. « Nous avons appris l’espagnol pour améliorer la communication », ajoute Cynthia Gallant. Les deux femmes font participer les employés à toutes les activités de la maternité. Elles estiment que c’est important qu’ils se sentent impliqués, qu’ils sachent pourquoi ils accomplissent chacune des tâches. Ainsi, ils sont plus efficaces et agissent comme si l’entreprise était à eux. « Quand un employé prend la peine de vous appeler du Guatemala pour s’assurer qu’un groupe de truies sera vacciné, j’ose croire qu’il prend cela à cœur », conclut Christine Marcotte.


Avec un tel niveau d’implication, inutile de se demander pourquoi l’augmentation du nombre de porcelets produits annuellement dépasse les 15 000 en deux ans.


Par : Stéphane Payette (14/12/2021)

Source : cooperateur.coop

Photo : Stéphane Payette (tirée de l'article original)